Le 30 août 2026Abdelmadjid Tebboune a demandé une modification du Code pénal pour réactiver l’exécution de la peine capitale contre les auteurs d’incendies volontaires.
Le gouvernement puis l’Assemblée populaire nationale doivent encore examiner le texte avant le 15 septembre 2026.
Les arrestations annoncées ne remplacent ni l’enquête ni le jugement qui établiront les responsabilités.
La procédure commence, pas l’exécution.
Du feu au Code pénal, un calendrier serré
En réalité, Abdelmadjid Tebboune n’a annoncé l’exécution d’aucune personne condamnée. Le 30 août 2026, il a demandé au ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, de préparer une modification du Code pénal selon les voies légales ordinaires.
Dans un article publié le 31 août 2026France 24 rapporte que le texte devait être présenté au gouvernement pendant la semaine du 31 août, avant son examen par l’Assemblée populaire nationale. Le calendrier annoncé fixait le 15 septembre comme échéance pour cette révision. Il ne permet pas d’affirmer que la modification avait déjà été adoptée.
Deux étapes avant l’échéance annoncée
La séquence présentée par le président comporte donc deux examens institutionnels :
- Le gouvernement examine le projet préparé par le ministère de la Justice.
- L’Assemblée populaire nationale se prononce ensuite sur la modification du Code pénal.
La peine de mort en Algérie revient au centre du débat
Pour rappel, l’Algérie a cessé d’exécuter les condamnations à mort en 1993, pendant les années de terrorisme. La demande formulée le 30 août 2026 vise à réactiver cette exécution pour les personnes reconnues coupables d’avoir allumé volontairement des incendies.
Le président a également demandé des investigations approfondies afin d’identifier les personnes impliquées. Le dossier devra établir, pour chaque incendie, les circonstances des faits et le rôle exact des suspects. Cette exigence concerne aussi les incendies qui ont causé des morts, détruit des récoltes ou tué des animaux.
Une qualification qui dépendra des preuves
Le passage par les voies légales ordinaires signifie que la demande politique ne remplace ni l’instruction ni la décision de justice. La peine capitale ne peut donc pas découler d’une arrestation ou d’une déclaration publique prise isolément.
Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou après le passage du feu
Surtout, la demande présidentielle intervient après des incendies qui ont touché plusieurs zones et villages de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou. France 24 rapporte plusieurs morts, la destruction de récoltes et la mort d’un grand nombre d’animaux, notamment des bovins et du bétail.
Les reportages d’El Bilad consacrés à Jijel racontent des situations de survie précises. Un témoin explique qu’une école primaire a abrité près de 50 personnes et des animaux. Un jeune homme raconte avoir échappé aux flammes dans une grotte avec son neveu. Une habitante affirme avoir perdu l’argent qu’elle avait mis de côté pour soigner sa famille. Un autre habitant arrose ses arbres et veut remettre sa terre en état.
Selon le bilan relayé par France 24, plus de 90 % des incendies étaient éteints dans la soirée du dimanche 30 août 2026, après l’intervention de la Protection civile, des forces de sécurité, de l’armée et des habitants. L’extinction des flammes n’efface pas les pertes humaines, agricoles et animales déjà constatées.
Le samedi 29 août 2026, Abdelmadjid Tebboune avait rendu visite à des blessés dans un hôpital spécialisé dans les brûlures. Il a affirmé que les cas graves, y compris ceux qui auraient autrefois été évacués à l’étranger, seraient pris en charge dans cet établissement.
Après les flammes, l’État organise le retour aux services
Le lundi 31 août 2026, le Premier ministre a réuni les ministres concernés et les walis par visioconférence. Selon El Bilad, cette réunion portait sur l’exécution du plan d’urgence destiné à réparer les dégâts, rétablir les services publics et permettre aux habitants sinistrés de reprendre leur vie quotidienne.
Le même jour, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a réuni les présidents des cours de justice et les procureurs généraux chargés des pôles pénaux spécialisés d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Ouargla. Des cadres de l’administration centrale ont également participé à la réunion, selon El Bilad.
Les secours et les enquêtes avancent ensemble
La remise en état des services et le volet judiciaire suivent ainsi deux lignes parallèles. Les autorités doivent identifier les personnes impliquées, tandis que les enquêteurs établissent les circonstances propres à chaque incendie. Le calendrier annoncé ne dispense pas de séparer les faits prouvés, les soupçons et les responsabilités retenues par la justice.
Une réponse soutenue par certains, contestée par d’autres
France 24 rapporte que Saïd Salhi, ancien président d’une organisation de défense des droits humains, considère le retour de la peine capitale comme un recul de l’État de droit. Il craint qu’une mesure présentée pour les incendiaires soit ensuite étendue à d’autres catégories d’accusés.
Sid Ahmed Sémiane, ancien journaliste du quotidien Le Matin, s’est également opposé à la reprise des exécutions. Il critique une réponse fondée sur la vengeance et sur une sanction irréversible.
France 24 rapporte aussi des messages publiés sur les réseaux sociaux en faveur d’une peine très sévère contre les personnes qui auraient causé des morts et détruit des forêts. Ces messages, dont certains auteurs ne sont pas identifiés, ne permettent pas de mesurer une opinion générale.
La loi devra distinguer chaque feu.



