Le président Abdelmadjid Tebboune a demandé une revalorisation générale des salaires de la Protection civile algérienne lors d’un Conseil des ministres. Selon le compte rendu publié par le quotidien El Biladcette orientation s’accompagne d’une révision du statut particulier et du régime indemnitaire du corps.
En apparence, la mesure concerne la paie. En réalité, elle relie la rémunération aux grades, aux missions de terrain et aux moyens nécessaires pour intervenir dans les zones forestières. La formation continue et le volontariat saisonnier font aussi partie des directives rapportées.
Le métier exige désormais plus.
Le salaire passe par deux leviers
Le point indiciaire et la grille des grades
La première piste concerne la révision des points indiciaires qui servent au calcul des traitements. Cette base intervient dans la rémunération selon le grade de l’agent et les règles applicables au corps.
Le président a également demandé une nouvelle lecture de l’échelle des grades. Celle-ci doit tenir compte des spécialités de la Protection civile et distinguer les classifications liées aux fonctions administratives et aux missions de terrain. Un agent engagé dans un incendie, un accident ou une opération de secours n’exerce pas les mêmes responsabilités qu’un personnel affecté à la gestion.
Pour produire un effet sur les carrières, la revalorisation devra être inscrite dans le statut particulier et le régime indemnitaire. La directive ne constitue donc pas encore un nouveau barème applicable aux agents.
Sur le terrain, l’indemnité suit le risque
Une compensation liée aux missions
Les indemnités spécifiques des personnels opérationnels doivent mieux prendre en compte les contraintes des interventions. Le compte rendu d’El Bilad inclut aussi leurs familles dans cette révision du statut.
Le texte relie cette orientation aux évolutions climatiques et aux grands risques auxquels les agents de la Protection civile sont exposés. Les feux de forêtles accidents et les opérations de sauvetage imposent des conditions d’engagement différentes selon la mission et le lieu d’intervention.
Une formation maintenue pendant toute la carrière
La formation doit rester continue tout au long du parcours professionnel. Le but fixé par la directive est de maintenir l’efficacité et la préparation opérationnelle des équipes, afin de limiter les pertes humaines lors des interventions.
Les casernes ne suffisent pas face aux feux
Des points de surveillance près des massifs
Le volet matériel prévoit une révision technique et technologique des équipements de travail, l’acquisition d’appareils plus modernes et un plan de renouvellement. La Protection civile doit aussi créer des points et des sous-centres de surveillance dans les zones à forte densité forestière, en coordination avec le ministère de l’Agriculture.
Ces implantations doivent rapprocher la surveillance des massifs et faciliter la détection des départs de feu. Elles complètent les moyens présents dans les casernes, sans les remplacer.
Le renforcement de la flotte d’avions bombardiers d’eau doit se faire progressivement, selon la disponibilité des appareils sur le marché international. Le calendrier dépendra donc des possibilités d’approvisionnement annoncées dans cette orientation.
Le volontariat saisonnier doit changer de statut
Le président a demandé l’institutionnalisation du volontariat saisonnier au sein de la Protection civile. Un système spécifique doit protéger les volontaires pendant leur participation aux opérations.
Ce cadre devra préciser les conditions d’engagement des renforts temporaires et leur place aux côtés des équipes professionnelles. La formation et les équipements devront correspondre aux tâches confiées, en particulier pendant les périodes où les incendies mobilisent davantage de personnel.
Les directives associent ainsi la rémunération, la préparation et les capacités d’intervention. Leur portée dépendra de leur traduction dans le statut particulier, le régime indemnitaire, les programmes d’équipement et le dispositif de volontariat.



