L’agriculture sera le vrai terrain.
De la machine au stockage
Selon El Bilad, qui reprend des informations de Nova News attribuées à l’Italian Trade Agency (ICE), quinze entreprises italiennes sont annoncées en Algérie les 28 et 29 septembre 2026. Le programme couvre les machines et équipements agricoles, l’élevage, la numérisation des activités, l’irrigation intelligente, les pépinières fruitières et maraîchères ainsi que le stockage.
Les solutions présentées concernent le travail dans les champs, la gestion de l’eau, le suivi des cultures et leur conservation après la récolte. L’objectif annoncé est d’augmenter la productivité, d’améliorer l’utilisation des ressources hydriques et de soutenir les cultures stratégiques, notamment les céréales.
Quand la donnée rencontre l’irrigation
La numérisation peut aider à suivre l’état des parcelles, à organiser les interventions et à repérer les besoins en eau. L’irrigation intelligente répond à la même contrainte de production avec une gestion plus précise des ressources hydriques. Les pépinières et le stockage prolongent cette chaîne jusqu’à la qualité des plants et à la conservation des récoltes.
Autour d’Alger, le terrain remplacera le catalogue

Le deuxième jour de la mission prévoit des visites dans des exploitations agricoles de la région d’Alger. Les représentants italiens doivent y observer les conditions de travail, recueillir les besoins des producteurs locaux et examiner les applications possibles de leurs technologies.
Cette étape doit confronter les équipements aux réalités des exploitations algériennes. Une solution conçue pour un autre climat, un autre réseau d’irrigation ou une autre organisation du travail ne produit pas automatiquement les mêmes résultats. Les visites permettront donc de préciser les usages possibles des outils proposés.
D’après les chiffres rapportés par Nova News à partir de données de l’ICE, l’agriculture représente environ 15 % du produit intérieur brut algérien et couvre plus de 8,6 millions d’hectares de terres agricoles utilisables. Le secteur occupe ainsi une place importante dans la stratégie nationale de souveraineté alimentaire, qui vise à accroître la production locale et à réduire la dépendance aux importations.
De SIPSA-FILAHA au plan Mattei
La mission de septembre 2026 prolonge une séquence engagée en mai 2026 lors du salon SIPSA-FILAHA organisé à Alger. L’Italie y avait participé avec 32 exposants, ce qui en faisait la deuxième plus importante délégation étrangère, selon les éléments rapportés par El Bilad.
La rencontre s’inscrit aussi dans le rapprochement agricole entre Alger et Rome, notamment dans le cadre du plan Mattei pour l’Afrique. L’agriculture et la sécurité alimentaire figurent parmi les axes de ce programme italien, qui associe investissements productifs, échanges technologiques et coopération avec plusieurs pays africains.
L’Algérie figure parmi les neuf premiers pays participants à ce programme. La présence d’entreprises spécialisées dans l’irrigation, la mécanisation et le stockage relie cette coopération aux étapes concrètes de la production et de la conservation des récoltes.
Timimoun donne un repère financier
Le projet agricole du groupe italien Bonifiche Ferraresi, connu sous le sigle BF, fournit un exemple concret de cette coopération. Prévu à Timimoun, il représente un investissement annoncé de 420 millions de dollars pour développer le blé dur, les lentilles et les pois chiches sur une superficie planifiée de 36 000 hectares.
Le projet doit créer plus de 6 700 emplois directs et indirects. Il prévoit des systèmes d’irrigation par pivot fabriqués en Italie et alimentés par des eaux souterraines. Il comprend aussi des installations de transformation et douze silos d’une capacité totale de 62 000 tonnes.
Ces équipements recoupent plusieurs thèmes annoncés pour la mission de septembre : la gestion de l’eau, la transformation et le stockage. Ils montrent le passage entre la production dans les champs, la conservation des récoltes et leur disponibilité sur le marché.
Le résultat se mesurera après le catalogue
Le nombre de sociétés présentes en Algérie ne suffira pas à mesurer la réussite de cette coopération. Le résultat dépendra de l’adaptation des équipements aux exploitations, de leur consommation d’eau, de la régularité des rendements et de la conservation des productions après la récolte.
Pour l’Algérie, l’enjeu porte sur le blé dur, les légumineuses et les autres cultures stratégiques. Les visites des 28 et 29 septembre 2026 devront montrer comment la mécanisation, les données, l’irrigation et le stockage peuvent répondre aux besoins des producteurs.
La coopération se jugera sur les rendements.



