Selon Bloomberg, citée par le quotidien algérien El Bilad, des sources proches des discussions et restées anonymes indiquent que l’hypothèse d’un retrait du Venezuela de l’OPEP a été évoquée avec des responsables américains. Aucune décision finale n’a été prise.
Le retrait est lié aux négociations sur les champs pétroliers.
Son effet immédiat sur l’offre mondiale serait probablement limité.
Le signal politique pèserait davantage sur la cohésion de l’OPEP.
Le départ reste encore hypothétique.
Washington et Caracas discutent des champs
En réalité, les informations rapportées décrivent une hypothèse apparue pendant des discussions, et non une procédure officielle de sortie. Le Venezuela n’a annoncé ni retrait ni calendrier d’application.
Surtout, les échanges portent selon Bloomberg sur la possibilité d’accorder aux États-Unis une part importante dans plusieurs champs pétroliers vénézuéliens. Des contrats de location de longue durée figurent parmi les formules envisagées.
Ces discussions correspondent à l’objectif affiché par Caracas de reconstruire son secteur pétrolier et d’augmenter sa production. Le rôle américain dans cette activité prend une place croissante dans les négociations rapportées par Bloomberg.
Un fondateur de 1960, une production en recul
Pour rappel, le Venezuela fait partie des cinq pays qui ont fondé l’OPEP en 1960. Le pays a aussi contribué à la création de l’OPEP+, l’alliance élargie mise en place en 2016.
Pour le mois de juillet, Bloomberg évaluait la production vénézuélienne à environ 1,16 million de barils par jour. Ce niveau représente moins de la moitié de la production enregistrée dix ans auparavant.
Ce recul réduit l’effet immédiat qu’aurait une sortie sur l’offre mondiale et sur les cours. Le marché pétrolier réagirait d’abord au volume de barils effectivement disponibles, devenu bien inférieur à celui du Venezuela de la période où l’OPEP a été créée.
Le baril compte, le signal politique aussi
D’où l’analyse de Bloomberg : un retrait aurait probablement un impact limité sur les marchés mondiaux, mais il relancerait les interrogations sur la cohésion et l’influence de l’OPEP.
Le départ éventuel d’un membre fondateur ne correspondrait pas à la disparition d’un grand producteur. Il poserait plutôt la question de la capacité de l’organisation à maintenir une position commune lorsque les intérêts nationaux divergent.
Pour le Venezuela, l’écart entre son statut historique et son volume actuel de production est donc central. La baisse du nombre de barils réduit l’effet mécanique d’un retrait, tandis que l’histoire du pays au sein de l’OPEP donne à cette hypothèse une portée politique plus large.
Reconstruire les champs avant de trancher
À ce stade, Caracas doit traiter deux dossiers liés au même secteur : relancer ses champs pétroliers et redéfinir ses relations avec Washington. Les contrats de longue durée et la participation américaine restent des options discutées, pas des accords conclus.
Une sortie de l’OPEP modifierait le cadre politique dans lequel le Venezuela organise son offre pétrolière. Elle ne changerait toutefois pas automatiquement le nombre de barils produits, qui dépend d’abord de la remise en activité des champs et des investissements envisagés.
Les faits établis se limitent donc à une hypothèse évoquée pendant des discussions, à une production estimée à 1,16 million de barils par jour en juillet et à la volonté de Caracas de reconstruire son secteur pétrolier.



