En 1952, l’Islande offre à l’Organisation des Nations unies un marteau pour les séances de l’Assemblée générale. L’objet reprend une pratique du Parlement islandais et devient un repère du protocole de l’institution.
Le quotidien algérien El Bilad rapporte qu’il existe trois versions de ce marteau, souvent appelé « marteau de Thor ». La première se brise en 1960 pendant une séance marquée par Nikita Khrouchtchev, la deuxième disparaît en 2005 et une troisième, fabriquée en bois de poirier, prend le relais.
Lecture en trois lignes :
1952 : l’Islande transpose une coutume parlementaire dans l’Assemblée générale.
1960 : Frederick Boland casse la première pièce pendant l’incident de la chaussure.
2005 : après la disparition de la deuxième, une troisième version en poirier est fabriquée.
Le rituel survit aux incidents.
1952, le rituel islandais entre à l’ONU
En apparence, le marteau de l’ONU n’est qu’un accessoire de séance. En réalité, il vient d’une pratique parlementaire islandaise ancienne. Le Parlement islandais, dont la fondation remonte à l’année 930, l’utilisait pour apaiser les participants et annoncer l’adoption finale d’une décision.
Lorsque le siège de l’ONU ouvre à New York en 1952, l’Islande offre une pièce destinée à reprendre cette fonction. Le geste transpose donc une règle de conduite parlementaire dans une institution internationale.
Thor Thors donne son nom à l’objet
Le surnom « marteau de Thor » ne renvoie pas directement au marteau mythologique associé au dieu Thor. Il vient de Thor Thors, premier délégué de l’Islande auprès de l’ONU, qui remet l’objet au président de l’Assemblée générale.
Une inscription en islandais et en latin complète le marteau. Elle reprend une formule tirée d’un manuscrit du Xe siècle : « La société doit être bâtie sur des lois. » Le texte rappelle que la décision collective s’inscrit dans un cadre de règles.
1960, la chaussure de Khrouchtchev et le marteau brisé
Surtout, l’histoire de l’objet bascule en 1960. Pendant une séance, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev frappe sa table avec sa chaussure. Le bruit attire l’attention dans la salle et perturbe la conduite des débats.
Frederick Boland, président irlandais de l’Assemblée générale, tente alors de faire taire la salle. Le marteau original se brise pendant cette intervention.
La chaussure de Khrouchtchev n’a pas cassé le marteau
La chaussure provoque le vacarme, mais Frederick Boland casse ensuite l’objet en essayant de rétablir le silence. La première version n’est donc pas détruite par le coup porté sur la table.
Après la casse, l’ONU demande à l’Islande de fabriquer une copie conforme. Le marteau conserve ainsi sa place dans la salle malgré la disparition de sa première version.
2005, la deuxième version disparaît

Selon El Biladla deuxième version disparaît en 2005. L’Islande fabrique alors une troisième pièce pour maintenir ce rituel dans la salle de l’Assemblée générale.
Cette version est fabriquée en bois de poirier, présenté comme plus résistant, et porte des motifs traditionnels. Elle conserve la fonction associée au marteau depuis 1952 : interrompre le bruit, ramener l’attention et signaler l’adoption d’une décision.
Un marteau pour ramener le silence
Dans cette tradition parlementaire, le geste du marteau est simple : interrompre le bruit, ramener l’attention et signaler qu’une décision est arrêtée. Son parcours ajoute une origine islandaise, une inscription juridique et deux remplacements successifs.
Depuis 1952, l’objet relie une pratique née en Islande à une assemblée internationale installée à New York. La casse de 1960 et la disparition de 2005 ont ajouté des épisodes concrets à un rituel fondé sur une règle claire.
Le protocole tient dans une main.



