Selon le quotidien algérien El Bilad, le Soudan a refusé de participer en personne à une conférence organisée aux Émirats arabes unis. Khartoum a envoyé une intervention enregistrée de sa procureure générale, Intissar Abdel Aal, qui a été présentée devant les participants. Le gouvernement soudanais rattache ce choix à des motifs juridiques, de principe et éthiques.
Le Soudan conteste le choix d’Abu Dhabi.
Khartoum relie ce choix aux accusations portées contre les Émirats.
Le message maintient l’engagement de coopération judiciaire.
Khartoum refuse ce cadre précis.
Abu Dhabi, le point de rupture
En apparence, le Soudan n’a pas refusé toute prise de parole. Il a choisi une intervention enregistrée, présentée par la procureure générale devant les participants. Selon El Bilad, Intissar Abdel Aal a exposé les raisons du rejet soudanais de la tenue de la conférence aux Émirats arabes unis.
Dans son intervention, la procureure générale a défendu un principe précis : le lieu d’une conférence internationale doit rester cohérent avec les principes et les objectifs qu’elle porte. Elle a cité la protection de l’État de droit et le respect de la Charte des Nations unies.
Le désaccord dépasse donc la question du protocole. Pour Khartoum, l’État qui accueille un tel rendez-vous doit pouvoir répondre aux exigences de légalité, de responsabilité et de protection des victimes.
Le droit avant le protocole
En réalité, la déclaration soudanaise relie directement la conférence aux crimes et aux violations commis pendant le conflit. Intissar Abdel Aal a expliqué que Khartoum ne réduisait pas l’affaire à un différend politique. Elle l’a replacée dans le cadre de la justice pénale internationale, de la responsabilité de la communauté internationale et de la poursuite des auteurs d’abus.
La procureure générale a aussi renouvelé les accusations du Soudan contre les Émirats arabes unis. Selon la position de Khartoum rapportée par El Bilad, Abu Dhabi apporte un soutien direct aux Forces de soutien rapide, ce qui contribuerait à prolonger le conflit et les violations du droit international humanitaire.
Cette qualification donne au refus une portée diplomatique nette. Une présence physique à Abu Dhabi aurait pu être interprétée comme une acceptation du cadre retenu pour la conférence.
Les procureurs soudanais maintiennent leurs missions

Surtout, l’intervention ne s’est pas limitée aux accusations contre les Émirats. Intissar Abdel Aal y a aussi présenté les activités des institutions soudanaises chargées de l’application de la loi et de la justice pénale, que le gouvernement affirme maintenir malgré les conditions imposées par le conflit.
Le parquet soudanais dit développer et activer des structures spécialisées dans la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, la traite des êtres humains et le trafic de migrants. Il cite également la criminalité organisée et les infractions électroniques. La procureure générale a présenté ces domaines comme des missions poursuivies pendant la guerre, y compris pour le traitement d’affaires complexes.
La coopération judiciaire reste ouverte
À ce stade, Khartoum distingue le refus du lieu de la coopération internationale. À la fin de son intervention, la procureure générale a réaffirmé la volonté du Soudan de travailler avec les autres États dans la prévention de la criminalité, la justice pénale et la défense de l’État de droit.
Cette coopération doit aussi couvrir la criminalité organisée transfrontalière, la sécurité des populations, la stabilité et les droits des victimes. Le message adressé à Abu Dhabi porte donc sur le cadre de la conférence, tandis que les échanges judiciaires restent maintenus.
Le désaccord porte sur le cadre.



