Pour rappel, un rapport d’Eurojust relayé par le quotidien algérien El Bilad décrit une opération de blanchiment liée à des revenus du trafic de drogue. Le réseau a acheté de l’or pour transformer ces fonds en actifs matériels plus faciles à dissimuler et à transporter. L’opération s’est étendue sur dix mois.
Le montant associé au blanchiment atteint au moins 18 millions d’euros. L’enquête recense aussi plus de 30 millions d’euros d’avoirs liés au réseau, entre comptes bancaires, activités commerciales, biens immobiliers et voitures de luxe.
Surtout, les services de sécurité français ont saisi plus de 50 kilos de lingots cachés dans une cavité aménagée à l’intérieur d’une voiture. Eurojust cite le Maroc parmi les pays vers lesquels l’or lié à l’opération a été transporté. Cette mention n’établit pas, à elle seule, une implication des autorités, des entreprises ou de la population marocaines.
Le dossier cite le Maroc.
Du compte bancaire à la cache dans la voiture
Selon Eurojust, l’achat de métal précieux permettait d’éloigner les revenus criminels de leur forme initiale. L’argent devenait un actif physique, plus simple à dissimuler et à déplacer au-delà des frontières.
Le volet patrimonial dépassait toutefois les lingots. Les enquêteurs ont identifié des comptes bancaires, des activités commerciales, des biens immobiliers et des véhicules haut de gamme. Ces avoirs ont été recherchés dans le cadre des opérations de suivi financier et de saisie.
18 millions d’euros et 50 kilos ne désignent pas la même chose
Les 18 millions d’euros correspondent au montant de revenus issus du trafic de drogue que l’enquête associe au blanchiment. Les plus de 50 kilos correspondent à une saisie de lingots réalisée en France. Les deux chiffres appartiennent au même dossier, mais ils ne permettent pas d’affirmer que chaque euro a été converti en or ni que la saisie couvre tout le métal transporté.
La voiture, cache de plus de 50 kilos d’or
La cavité secrète aménagée dans le véhicule concentrait une valeur importante dans un espace réduit. Cette découverte montre la dimension matérielle du montage décrit par l’enquête : acheter l’or, le dissimuler, puis le déplacer dans un véhicule.
Une fois transformé en lingots, le produit du blanchiment pouvait être caché, transporté ou revendu. Les enquêteurs devaient alors reconstituer le parcours du métal et vérifier le lien entre sa possession et les revenus criminels.
Le Maroc cité, l’implication non établie
Eurojust inclut le Maroc parmi les destinations de l’or associé à l’opération. Le dossier porte ainsi sur un itinéraire international, et pas uniquement sur la saisie effectuée en France.
La présence du Maroc dans cet itinéraire indique une destination identifiée par les enquêteurs européens. Elle ne prouve pas, à elle seule, la participation d’institutions marocaines, d’entreprises locales ou de citoyens marocains. Il faut distinguer le trajet attribué aux lingots et la responsabilité pénale des personnes ou organisations concernées.
Eurojust et Europol remontent la chaîne des avoirs
L’enquête, appuyée par Eurojust et Europol, a suivi deux axes : le déplacement des fonds et les biens acquis avec ces revenus. Les opérations financières et commerciales ont été examinées pour retrouver la source de l’argent, tandis que les comptes, les commerces, les immeubles, les voitures et les lingots pouvaient faire l’objet de mesures de saisie.
La suite judiciaire devra établir, pour chaque bien, sa propriété, son trajet et son origine. Chaque gramme devra être retracé.



